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RIP : la fibre se déploie mais les abonnements suivent-ils ?


Analyse : Chez Altitude Infrastructure, 2e opérateur de RIP en France, le taux de conversion se hisse pour le moment à 20%. Mais ce niveau est appelé à très vite progresser. Explications avec David El Fassy, son président.

La fibre, c'est rapide, la fibre, tout le monde en veut. Et la croissance du nombre d'abonnements globaux (3,5 millions d'abonnés FTTH à fin juin, +325.000 en un an) semble corroborer ce constat. Néanmoins, il faut une nouvelle fois distinguer les zones très denses, les premières à avoir été couvertes, des zones moins denses notamment à travers les réseaux d'initiative publique (85% du territoire avec environ 7 millions de lignes FTTH).

 

Bénéficiant d'un modèle spécifique, basé sur la subvention publique, ces RIP sont principalement couverts par des opérateurs spécialisés comme Covage, Axione, Altitude qui commercialisent ensuite des abonnements sous leurs marques (ou via des marques commerciales). Si la couverture progresse là aussi très vite (+177.000 locaux au 2e trimestre), quid des abonnements ?

Difficile d'obtenir des chiffres précise car le contexte ne cesse d'évoluer, mais du côté d'Altitude Télécom, 2e opérateur de RIP en France avec 3 millions de prises, ce taux ne serait que de 20%. Traduction, un seul foyer éligible sur 5 a souscrit à un abonnement THD.

"Concrètement, 40% des foyers qui bénéficiaient d'une connexion DSL médiocre (moins de 4 Mb/s) sautent le pas mais cela descend à 7/8% pour les foyers disposant d'un accès DSL satisfaisant. Il faut néanmoins être prudent vu le rythme des déploiements", insiste David El Fassy, président d'Altitude Infrastructure.

Et d'ajouter : "cela va surtout accélérer avec l'arrivée des opérateurs nationaux". En effet, ces grands opérateurs signent des partenariats pour s'interconnecter aux réseaux des opérateurs de RIP. Free va ainsi se connecter au réseau d'Altitude Infrastructure et d'Axione (2,5 millions de lignes), et vendre des offres FTTH basés sur ces réseaux. De son côté, Bouygues Telecom a signé des partenariats avec TDF et Covage tandis que SFR a signé avec Covage qui exploite 41 réseaux englobant 527.000 prises FTTH et Altitude. Orange de son côté semble plus attentiste.

"Les prises arrivent et les interconnexions avec les opérateurs historiques se multiplient car chacun veut être le premier entrant. Le marché devient adressable donc ça accélère. Pour nous l'idée était d'embarquer au moins deux historiques afin de faire réagir les autres. Une fois qu'ils sont là, ça va vite", expliquait également à viphome.ir, Eric Jammaron, Directeur général délégué d'Axione.

"Attention néanmoins, il faut bien compter 6 mois entre la signature d'un contrat d'interconnexion et l'arrivée des premiers clients", insiste le responsable. Reste que ces partenariats seront autant de leviers pour accélérer l'adoption du FTTH dans les RIP. Les opérateurs nationaux bénéficient en effet d'une image forte, d'une confiance et d'une force de frappe en terme de communication et de marketing que n'ont pas toujours les acteurs spécialisés, locaux ou régionaux.  

Le cas Orange pourrait néanmoins constituer un frein. "Ils agissent un peu au cas par cas mais on a du mal à les suivre avec des explications qui évoluent", s'inquiète David El Fassy. "Notre politique est plus sélective.", nous expliquait Laurent Bénatar, Directeur Technique et du Système Information de l'opérateur historique. "On constate qu'il y a plus de paroles que d'actes, notamment sur les volumes de prises réellement allumées. Nous prenons le temps de discuter car tout n'est pas clair". Et de rappeler que l'agrume opère déjà 30% des RIP et les revend commercialement sous sa propre marque...  

D'un autre côté, l'arrivée en force des historiques sur les RIP pourrait-elle préfigurer une concentration dans le secteur notamment à travers des rachats ? "Cela relève d'une certaine logique néanmoins si on parle d'Altitude, il faut savoir que nous sommes un des acteurs les plus solides et notre capital est à 100% familial. Nous sommes sereins et à court terme la concentration ne nous intéresse pas. D'autres acteurs sont adossés à des financiers qui n'ont pas les mêmes objectifs...". Suivez mon regard.

Autre sujet d'inquiétude, la possible pénurie de câbles. L'Avicca, s'inquiète : "on ne veut pas que les RIP soient la variable d'ajustement sur la problématique d'approvisionnement de la fibre, or c'est le risque face aux gros opérateurs", souligne Ariel Turpin, Délégué général de l'association. Bouygues Telecom confirme d'ailleurs que le marché est très tendu.

"La demande a explosé et les fournisseurs ont un peu été pris de court, surtout qu'il faut deux ans pour doubler les capacités de production. On a constaté une tension fin 2017 mais aucun chantier n'a été retardé. Pour autant, nos dépenses ont augmenté car on a diversifié les fournisseurs, on a fait venir la fibre de plus loin et les prix ont évidemment connu une inflation. C'est la loi de l'offre et de la demande", explique le dirigeant.

David El Fassy dénonce d'ailleurs la quasi-obligation d'utiliser une norme de câble, la plus qualitative (G657 A2 pour les intimes). "L'intérêt c'est qu'elle bénéficie d'un bon rayon de courbure ce qui la rend idéale dans les immeubles mais pour des liaisons en campagne en ligne droite, ce n'est peut-être indispensable." L'idée est donc de bien mixer les deux même si cette approche n'est pas celle qui est officiellement préconisée. Mais la fin justifie les moyens.

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7 réponses
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  • ... on a assez d'emm... avec les gros FAI, alors payer pour une petite boite, RIP ou pas, on garde son adsl de m... encore un peu... d'autant que rien ne nous dit que les services qu'on attend d'une box soient aussi complet chez ces RIP... rest in peace!
  • 
  • article intéressant, mais il faut aussi expliquer le cadre obligatoire qui est un gros frein à l'innovation et à la satisfaction des clients.

    La fibre, ça va vite, tout le monde en veut ? pas vraiment ! :
    le client a besoin d'un débit, pas d'une techno. Et si la fibre permet du THD, ce n'est pas le seul support qui le permet.

    De plus, le taux de pénétration du FTTH en zones urbaines plafonne à 30%, et donc 70% de ces investissements colossaux sont en sommeil.
    pourquoi ? parceque le VDSL permet d'avoir de 30 à 100M si on est à moins de 2km du central, que les usages ne sont pas au rendez vous (la 3D qui portait le projet est passée aux oubliettes), que le client préfère avoir un bon débit sur son câble existant que prendre rendez vous pour venir faire des travaux dans son appartement.

    Et cette situation serait encore pire pour le FTTh en ZMD si le régulateur n'avais pas interdit la mixité des technos, c'est à dire qu'il est interdit de déployer des armoires VDSL sur une zone où le FTTH a été annoncé, même s'il n'est pas prés d'être terminé, dans 10 ans on en parlera encore...
    Or il y a des poches de pavillons aériens en zones urbaines où le FTTH prendra des années et où une armoire VDSL aurait permis d’amener le THD très vite et pour tous.

    Donc si on laisse le choix technologique aux opérateurs, la situation en zones urbaines montre que le client choisi un débit et délaisse pour le moment le FTTH. Ceci étant le FTTH a des avantages induits en zone urbaines en raison de la densité des clients et de coûts raisonnables (mais faut il rappeler, investissements élevés pour un delta CA nul puisqu’il s’agit d’un marché de substitution).

    Ceci étant, la situation pourrait être meilleure pour la FTTH en zones moins dense, mais pas pour de raisons de rationalité de l’investissement ni une commerciales :
    Le régulateur, les élus qui ne regardent pas la dépense..ont imposé le tout FTTH partout.
    Le régulateur a tout fait pour freiner les solutions de montée en débit qui pourraient permettre de couvrir très vite le territoire de 30 à 100M en déployant des armoires VDSL, ce qui couterait 5 à 10 fois moins cher que le ruineux FTTH, tout en allant beaucoup lus vite et avec 100% de taux de pénétration (tous les clients bénéficient du débit à la création de l’armoire), tout étant compatible avec une évolution FTTH, FTTx.

    Donc on a perdu 10 ans depuis 2007 où la France a été le premier pays d’europe en couverture adsl avec 15 millions de clients, à cause de ce très mauvais choix imposé, au lieu de raisonner en service et donc débit apporté et laisser le choix technico-économique aux opérateurs, ce qui autait permis de couvrir le territoire sur fonds propres opérateurs comme pour adsl, mobile…
    La France n’est pas en retard de couverture en fibres, elle est en retard de couverture en débit à cause du mauvais choix imposé.

    Et donc les clients des zones rurales, périurbaines..ont été maintenus dans la pénurie de débit par décision absurde, et donc on leur amène le FTTH comme unique solution, la plus chère et la plus lente à déployer (en plus il y a pénurie de fibres, de sous traitants..). Bien évidemment qu’ils sont intéressés tout comme quelqu’un qu’on a affamé et à qui on donne un beau jour du caviar. Mais si on avait laissé le choix aus opérateurs, ils seraient en THD sur VDSL et ne seraient pas très intéressés par le FTTH.

    Si les quelques 10 milliards déjà gaspillés en projet mal ciblés avaient été investis (qui plus est sur fonds propres opérateurs) en montée en débit armoires VDSL, il n’y aurait aucun client inéligible, le débit serait de 20M minimum partout sur le territoire depuis 5ans, on serait déjà passé au THD pour tous, on aurait pris une très grosse avance sur les autres pays au lieu d’avoir le bonnet d’âne des dépenses maximales pour le minimum de couverture.
  • 
  • De plus, le système des RIP apporte d’autres limitations par incohérence de construction.

    Le régulateur a défini des conditions de financement et partage en ZMD qui font que seule la dépense publique peut prendre le relais (contrairement au montage en ZTD où le système administratif encourage les investisseurs).
    Les RIP se déploient mais le montage est hasardeux.

    En effet la finalité d’un RIP est d’amener un service de raccordement public, subventionné, mais dans un secteur de concurrence des réseaux de droit européen. Donc il faut qu’il ait le niveau de qualité de service et le tarif qui permet d’attirer les FAI pour se connecter et desservir le client final.

    Or si un FAI qui couvre déjà une grande partie du territoire avec un tarif à 20e/m et avec des comptes en équilibre, peut il payer 10 ou 15e pour aller chercher le client via un RIP ?
    C’est bien la limite de la péréquation et/ou du montage de ces RIP qui doivent assurer une forme de service public mais tout en étant rentables, un rôle mal défini et contradictoire et bien dans un périmètre concurrentiel.

    Il eut fallu définir dès le départ un tarif avec un seuil mini maxi afin que l’offre de traversée de ces réseaux soit compatible avec des tarifs de services nationaux.
    Et à ce titre, personne n’explique que le client est aussi contribuable, et que donc chaque ménage va payer d’une façon ou d’une autre 250e/an/ménage et pendant 10 ans pour financer la rolls des élus et du régulateur, alors que c’est été zéro si on avait défini le sujet en termes de couverture de services et donc en débit THD et où la solution logique des opérateurs eut été de déployer des armoires VDSL sur fonds propres, et compatibles FTTx ultérieur.

    ET les clients auraient depuis longtemps le THD et sans payer d'impôts.
  • 
  • Autre point concernant l’évolution technologique :

    Certains veulent déployer la fibre comme si c’était le support éternel.

    D’une part les technologies évoluent en permanence, donc la durée de vie est uniquement la durée de vie économique, tout support peut être concurrencé demain par un autre le Gfast sur cuivre qui permet le Gbit, une nouvelle fibre qui va faire 10 fois plus de débit pour un prix deux fois moindre….

    Donc les élus ne refont pas l’électrification rurale comme ils disent – tout faux – à titre d’exemple les fibres d’avant 97 ont été renouvelées par les opérateurs à cause de problème de pmd si on veut passer à 10G, plusieurs lo…

    De plus, la concurrence va venir de solutions mobile, en termes de parts de marchés mais aussi de technologies.

    Car avec l’arrivée de la 5G (puis 6G..), non seulement le mobile va prendre des parts de marchés sur le THD (certains élus commencent à douter de l’utilité des déploiements 100M de couverture FTTH en cours) et les cellules 5G vont être de petites taille. Il est donc fort probable que la solution structurante des opérateurs sera de mutualiser et partager les canaux radios pour faire du service fixe et mobile sur le dernier km, donc en courcircuitant le FTTH existant.

    Pour sauver les RIP, l seule solution rationnelle est surement de ré orienter de façon très rapide le THD vers les solutions armoires VDSL, encore une fois pour dépenser 5 à 10 fois moins tout en allant beaucoup plus vite en couverture, mais aussi et surtout pour pouvoir coller au mieux et à moindre risque aux évolutions techno à venir, en cohérence et complémentarité.
    J’ai cru comprendre que certains amorçaient le virage, les autres vont être en très grande difficulté sachant que l’autre question est que vont devenir ces RIP ? comment vont-ils évoluer ?, quelle place dans la concurrence des technologies à venir ? financés comment ?.

    Et donc un train de sénateur au niveau des choix immuables et lenteur de déploiement là où il faut être au contraire très réactif et évolutif, dépenses maximales pour performances minimales, pas de doute, on est en France !.

    Mais tout va bien parait il ! encore faut il préciser, pour qui ?
    Car si ça ne profite ni aux clients, encore moins aux contribuables, ni aux opérateurs à qui on impose les choix les plus couteux et donc les moins rentables, ça profite à qui ?
    c’est ça la seule question pertinente….
  • 
  • PS : les élus considèrent qu’ils construisent de nouveaux monopoles alors que tout monopole est interdit depuis 1996.

    Et donc ils n’hésitent pas à bloquer la concurrence : refus d’autorisation de déployer des réseaux (P Voirie), incitation auprès des entreprises qui aménagent à prendre le réseau qu’ils ont déployé plutôt que d’autres en place, sans compter le déploiement de réseaux backbones à partir de subventions et en concurrence déloyale avec des réseaux développés sur fonds propres.

    Il y a effectivement un conflit d’intérêt entre la gestion de l’espace public de façon équitable et la promotion de son réseau face à d’autres réseaux privés en place.

    Et comme certains ont peur de voir leur réseau inutilisé, ils ont imaginé un projet de loi interdisant le déploiement d’autres réseaux, afin de ne pas concurrencer leur RIP.

    En clair, si un concurrent trouve efficace de déployer un réseau d’armoires VDSL pour amener aux clients et de façon très rapide le THD, les élus imposent aux citoyens de rester avec un débit de misère et d’attendre patiemment le déploiement de la fibre à prix d’or, et d’autorité avec leurs deniers…est ce ça le sens de la gestion publique et du service auprès des citoyens ?

    Et c’est surtout une distorsion concurrentielle très grave puisque c’est une entrave au droit européen de concurrence des réseaux, c’est de la vente forcée, c’est mettre en place un nouveau monopole local alors que tout monopole est interdit depuis 1006 !
    peur de rien, une honte sur le plan du droit et de la concurrence ….
    Et comme la 4G et la 5G vont se déployer, vont-ils proposer une loi pour interdire la 4G et surtout la 5G là où il y a des RIP ?

    Car n’importe quel opérateur ne va pas déployer des réseaux sur fond propre alors qu’il pourrait louer la ressource utile à ses clients sur un réseau disponible. S’il déploie sur fonds propres c’est que le réseau en place n’offre ni les conditions tarifaires ni la qualité de service compatibles avec les services qu’il déploie.

    Donc d’une part il faut s’attaquer aux causes (tarifs, QS) et non essayer de camoufler la non performance par une loi scélérate, d’autre part il va y avoir d’autres évolutions technologiques au sein des réseaux qui font que la compétition est salutaire pour les clients et les contribuables.

    Mettre en place une logique administrative qui s’insère dans le monde concurrentiel piloté par les résultats, la compétition, le ciblage et rentabilité des investissements, c’est effectivement tenter le mariage de la carpe et du lapin, on en voit déjà les coûts exorbitants, les mauvais choix et les résultats…n’importe quel expert aurait pu prévenir et proposer les solutions structurantes, mais la puissance publique avec son régulateur est au dessus de toute écoute et logique, il encourage même la dépense publique !.

    D’où la question de l’avenir de ces dinosaures en terme de choix technologiques et de réactivité, car il est hors de question de retomber dans des monopoles locaux sans performance économique ni de résultats, même si ces administratifs en rêvent jusqu’à proposer des lois totalement anachroniques de protection de leur mauvais choix et camouflage des résultats.
    Absolument incroyable ! au moment où il faut au contraire faire une chasse effrénée à la mauvaise dépense publique pour sortir de l’étau de notre record d’impôts et charges qui asphyxient les ménages et entreprises et donc détruit massivement l’emploi.
  • 
  • Merci pour vos commentaires toujours aussi intéressant Persan!

    OC
  • 
  • Oui , orange pose la fibre et les autres attendent pour en profiter (et se plaignent) Triste .plus personne ne veut bosser , il n’y a que des discussions à la recherche de profits max .
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