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Qualité de service IPv6 : un (mauvais) exemple chez SFR / Altice


Avis d'expert : Pour faire suite à mon dernier billet de blog sur la qualité de service IPv6 de nos grands et moyens opérateurs, voici des éléments factuels et irréfutables, pris chez SFR (ou Altice, comme il vous plaira)… et ils ne sont franchement pas bons !

Pour faire suite à mon dernier billet de blog sur la qualité de service IPv6 de nos grands et moyens opérateurs, voici des éléments factuels et irréfutables, pris chez SFR (ou Altice, comme il vous plaira)… et ils ne sont franchement pas bons !

L’une de mes relations, Pierre Beyssac, a pris le temps de comparer la stabilité de sa connexion réseau chez SFR (ou Altice, comme il faut l’appeler désormais ?). Pierre est un ingénieur et   un des pionniers de l'Internet français en tant que co-fondateur de Gandi dans les années 90. Il a donc adopté une méthodologie rigoureuse : durant le week-end dernier, il a effectué des mesures précises du nombre de paquets IP perdus, tantôt en IPv4, tantôt en IPv6. Et pour cela il a utilisé le même serveur de référence, en l’espèce le serveur Network Time Protocol  http://pool.ntp.org

Des résultats très différents

Ici, vous voyez le graphique pour IPv4 :

Là, vous voyez le graphique pour IPv6 :

 

Saisissant, non ?

Explications techniques

Chaque point rouge du graphique correspond à une requête sans réponse, et donc à un paquet IP perdu à l'aller ou au retour.Il y en a très peu en IPv4, et, proportionnellement aux points verts qui montrent les paquets qui ont transité sans anomalie, il y en a beaucoup trop en IPv6

À gauche, correspondant aux points verts, l’échelle du graphique indique les écarts en millisecondes entre le serveur cible et celui dont on teste la connexion. En IPv4, dans la mesure où le serveur de Pierre Beyssac est assez stable car asservi sur GPS, les variations s'expliquent essentiellement par la gigue de transmission.

À droite, correspondant à la ligne bleue, est indiqué le score de qualité de la connexion qui en découle.

Une conclusion sans appel

Pour Pierre Beyssac, et je suis totalement d'accord avec cette analyse, la conclusion s’impose : en IPv6, la QoS de SFR est assez catastrophique.

En IPv4 ce n'est pas parfait mais c’est très bon, puisque la ligne bleue est proche du score maximum théorique de 20…

Complément d'information

Le 24 avril 2018 - Suite à la publication de ce billet, des lecteurs se sont étonnés, car eux-mêmes ne semblent pas subir de mauvaise qualité de service en IPv6 chez SFR. C'est par exemple le cas de Nicolas, qui a partagé sur Twitter ces 2 éléments de mesure, qui montrent l'absence de perte de paquets et une qualité de service correcte.

Une série de 20 ping effectués toutes les 5 minutes vers Google, durant sur 10 jours :

Une série de ping effectués vers un serveur de Pierre Beyssac :

De son côté, Gaëtan attire notre attention sur un billet de blog de l'APNIC concernant les problèmes posés en IPv6 par les paquets IP de grande taille et la possibilité de les laisser être segmentés en paquet de plus petite taille, ou pas...

Que penser de tout cela ?

À tout le moins, que l'expérience utilisateur et la qualité de service des réseaux en IPv6 ne sont pas aussi constantes et cohérentes que celle des réseaux en IPv4, et qu'il y a lieu de s'en occuper sérieusement si l'on veut qu'IPv6 soit massivement adopté un jour !

@PierreCol    

 

 

A lire aussi :

IPv6 : et si certains opérateurs se moquaient du monde ?

Il semble que certains opérateurs ne fassent pas beaucoup d’efforts en matière de qualité de service pour les connexions...

Pierre Col

A propos de Pierre Col

Pierre Col a 30 ans d'expérience dans le logiciel, les réseaux et Internet, chez des éditeurs de logiciels et fournisseurs de services web, notamment Infogrames, CosmosBay, Jet Multimédia, UbicMedia, CogniK, Antidot, Contextor...

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6 réponses
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  • À noter que SFR (Altice ?) commercialise la câble numéricâble ("fausse fibre") et qu'il n'y a pas du tout d'IPV6...
  • 
  • ... et pourquoi adopter l'IPV6 ?

    ... ne rigolez pas, la question est pertinente... on parle bien d'Internet, non... inter-net... plusieurs reseaux.... reflechissez!
      
    • @Helios : Tout simplement parce que il n'y a pratiquement plus d'adresses IPv4 disponibles et que si on veut accéder à nos objets connectés, nos services, il faudra bien se résoudre à passer à IPv6. Ce n'est pas pour rien que depuis 1998 (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/IPv6). Tout le monde ne peut se satisfaire du NAT (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Network_address_translation).
  • 
  • oui enfin SFR mauvaise qualité, désolé mais là on n'apprend rien du tout
  • 
  • Est-ce que les pings sont envoyés vers 1 seul serveur ? Dans ce cas on ne sait pas si on mesure le lien ou le serveur distant, d'autant que l'adresse NTP est un pool, donc sans précaution le serveur peut changer. Il faudrait faire la même mesure simultanément vers au moins 3 serveurs sur des réseaux différents et les corréler pour savoir où est le problème (et accessoirement un mtr donnera peut être plus d'information sur le point de contention).
  • 
  • en somme vous utilisez une sonde à Los Angeles
    vous comparez des KPI de connectivité vers différents acteurs français
    tantôt en IPv4 et tantôt en IPv6
    lorsque le résultat bout en bout n'est pas bon vous en concluez que c'est de la faute de l'acteur français distant ??
    c'est un peu facile
    tous les acteurs français s'appuient sur différents partenaires internationaux, avec des politiques de routage qui leur sont propres, indépendantes en IPv4 et IPv6
    lorsque le résultat est NOK c'est qu'un maillon de la chaîne présente une faiblesse, routeur ou lien, vous ne pouvez pas du tout en conclure que c'est l'acteur de destination qui est défaillant
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